Il coraggio

Il coraggio (1955) IMDb, antonio de curtis, film.tv.it

réalisateur: Domenico Paolella

scénaristes :
Edoardo Anton, Marcello Ciorciolini, Riccardo Mantoni, Marcello Marchesi, Carlo Moscovini et Totò
d’après une histoire Augusto Novelli

acteurs:
Totò … Gennaro Vaccariello
Gino Cervi … Aristide Paoloni
Irène Galter … Irene Paoloni
Gabriele Tinti … Raffaele – fils de Gennaro
Paola Barbara … Anna
Bruna Vecchio … Ginevra
Ernesto Almirante … Salvatore Esposito
Leopoldo Trieste … M. Rialti
Gianna Maria Canale … ‘Susy’

Synopsis: Aristide Paolini (Gino Cervi) est riche, réputée bon samaritain et bon nageur qui aime sauver les noyés. Il collectionne d’ailleurs avec une grande fierté ses trophées de secouriste. Un jour il sauve un pauvre Gennaro Vaccariello (Toto) d’une noyade assurée. Ce dernier retourne voir son sauveur. Mais celui-ci, grand prince, à sa vue ne veut pas de remerciement, lui donne quelques tapes amicales sur le dos. Sauf que le rescapé n’est pas content mais alors pas du tout de ce contre-temps. Comment ? Il lui explique les raisons de sa tentative de suicide et sa responsabilité. ?!?!! Finalement pour sauver les apparences ce notable va accueillir chez lui non seulement son rescapé mais ensuite également toute sa nombreuse progéniture.

note: 8 /10

Voila une comédie italienne relativement peu connue qui fut une bonne surprise entre un Toto, père de famille nombreuse pauvre mais débrouillard et très opportuniste, et un Gino Cervi représentant un riche industriel italien très préoccupe par son image publique, la morale et les conventions sociales et friand des honneurs publiques. La voix off du début du film est assez ironique pour l’époque et la charge n’en est pas moins profonde et philosophique même si ça devient par la suite un peu plus comique et superficiel. L’histoire est vaguement inspiré de Boudu sauvé des eaux 1932 de Jean Renoir avec Michel Simon.

Ce long-métrage donne l’occasion a  Toto de montrer un large spectre de son talent d’acteur : entre le désespéré triste, le père de famille nombreuse responsable, le séducteur  de jolies femmes et la joie de l’escroc qui réussi une arnaque.

Cette comédie n’a pas eu le succès commercial tant espéré par l’acteur et producteur Totò. Il y a de très bonne scènes et dialogue en particulier entre Gino Cervi et Toto mais aussi quelques longueurs et maladresses qu’un fan acceptera de bonne grâce pour un film tourné rapidement. Le début du film est particulièrement réussi.

L’extrait vidéo ci-dessous est loin d’être le meilleur du film mais c’est le seul de bonne qualité que j’ai trouvé sur Youtube.

Et voici un autre extrait de qualité moyenne avec Gianna Maria Canale qui apparait sur l’affiche du film.

Lo sceicco bianco

Lo sceicco bianco (1952) IMDb

VF: Le Cheik blanc (Courrier du cœur)

Réalisateur: Federico Fellini

Scénaristes: Michelangelo Antonioni, Federico Fellini, Tulio Pinelli

Acteurs:
Alberto Sordi … Fernando Rivoli – Le Cheik blanc
Brunella Bovo … Wanda Giardino Cavalli
Leopoldo Trieste … Ivan Cavalli
Giulietta Masina … Cabiria, la prostituée

Synopsis: Ivan veut profiter de son voyage de noces à Rome pour présenter sa jeune épouse Wanda à sa famille et obtenir une audience du Pape. Wanda préfère partir à la rencontre de son idole, le Cheik blanc, héros de romans-photos dont elle suit assidûment les aventures. Elle découvre qu’il n’est qu’un héros de pacotille, lâche et vulgaire. Ne sachant où elle est, Ivan est désespéré et tente de dissimuler sa disparition à sa famille.

Note: 7.5 /10

Voici un classique italien dont vous trouverez de nombreux articles (cine-club de Caen, Telerama) d’autant plus qu’il est réalisé par Fellini, le favori habituel des critiques cinéma professionnel. Il s’agit du premier film réalisé par Fellini seul.

Excellente interprétation de Sordi et ses regards obliques charges de sens. :D

Toujours délicat de se moquer du monde du rêve sur lequel repose les romans photo mais aussi le cinéma, en particulier le cinéma hollywoodien de l’après guerre et ses stars. Ici Fellini joue avec les apparences que le cinéma veut nous montrer  tout comme le jeune marie a sa famille et la réalité qui est bien différente. Les motivations sont différentes mais le mensonge est du même genre.

Si le scénario et les acteurs sont très bons, la réalisation du jeune Fellini a quelques maladresses et flottements dans le récit. Pour un premier long-métrage c’est une réussite.

LE CHEIK BLANC – Présentation (en français)

Attention film historique ! Le premier film réalisé en 1952 par Federico Fellini à l’âge de 32 ans ! Une farce sentimentale qui fut accueillie par des torrents d’insultes et dont le public de l’époque détesta le personnage principal incarné par Alberto Sordi ! Il y a déjà beaucoup de l’univers à venir de Fellini, entre rêve et réalité, dans cette histoire d’une jeune mariée qui s’éclipse avec un acteur de romans-photos alors qu’elle et son mari étaient venus à Rome pour rencontrer le Pape ! Même la musique est déjà signée Nino Rota. Un mari dépassé, la tradition et la religion mises à mal, la démystification des « fumetti », ces romans-photos lancés en Italie après la seconde guerre dans des journaux à bon marché : on sent le talent de caricaturiste de Fellini – c’était son métier après la guerre – dans cette pure comédie à l’italienne dont la meilleure scène, déjà si fellinienne, onirique et paillarde, se déroule sur une plage avec des Bédouins, des danseuses et des Romains au regard lubrique… Le personnage pour lequel il affiche le plus de tendresse est celui, caricatural mais plus trouble, du Cheik blanc l’acteur de romans-photos, ce séducteur de carnaval interprété par Alberto Sordi. Car, pour Fellini, même si l’imaginaire est un faux refuge, on a tous besoin de rêver un peu, de s’échapper de la réalité, même dans les bras d’un Casanova de pacotille, ridicule et content de lui, ou dans ceux d’une femme légère nommée Cabiria et interprétée dans le film par… Giulietta Masina. Une esquisse de la prostituée qu’elle incarnera cinq ans plus tard dans Les Nuits de Cabiria. Ne loupez pas les débuts réjouissants du maestro !
source : filmotv.fr

Extrait en Vo entre Sordi et Brunella Bovo

Le notti bianche

Le notti bianche (1957) IMDbcritikat

VF : Nuits blanches

réalisateur: Luchino Visconti

scénaristes: Suso Cecchi d’Amico et Luchino Visconti d’apres une nouvelle de Dostoyevsky

acteurs: Maria Schell (Natalia), Marcello Mastroianni (Mario) et Jean Marais

Synopsis: Mario arrive dans une ville qui ressemble à Livourne. Lors de sa première nuit, errant dans les rues désertes, il croise sur un pont une jeune femme en pleurs, Natalia. Tantôt extatique, tantôt accablée, cette dernière possède un comportement étrange et fascinant. La nuit suivante, Mario la retrouve au même endroit. Natalia lui avoue qu’elle fugue chaque nuit pour attendre, sur ce pont, l’homme qu’elle aime et qui lui a donné rendez-vous un an auparavant… Adaptation d’une nouvelle de Dostoïevski qui inspira également Robert Bresson (Quatre nuits d’un rêveur), James Gray (Two Lovers) ou encore Sanjay Leela Bhansali (Saawariya), Nuits blanches marque un tournant dans la carrière de Luchino Visconti. En rompant avec le néoréalisme de ses premières œuvres, le cinéaste se tourne vers un réalisme poétique orné et baroque plus proche de l’univers de Marcel Carné (Les Enfants du paradis) et de ses futures réalisations (Mort à Venise). Porté par des acteurs de légende, Nuits blanches est une œuvre intemporelle qui, à travers son noir et blanc et ses décors fantasmagoriques, concentre toutes les puissances imaginaires du cinéma.

note: . /10

De temps en temps, je m’écarte du thème central de ce site, la comédie italienne, pour vous parler d’une comédie étrangère ou comme ici d’un drame italien réalisé par un célèbre réalisateur italien qui mérite mon attention avec la sortie aujourd’hui d’un DVD en VO avec sous-titres français chez CARLOTTA FILMS (France). C’est malheureusement pour moi pas une publi-information et j’ai même pas demandé de recevoir gratuitement le DVD avec le port payé pour le Canada. Du coup je l’ai pas visionné et voila pourquoi il manque ma note habituelle.

Totò, Fabrizi e i giovani d’oggi

Totò, Fabrizi e i giovani d’oggi (1960) IMDb, Wikipedia.it, il cinema di Totò

Realisateur: Mario Mattoli

Scénaristes: Castellano et Pipolo (Franco Castellano et Giuseppe Moccia)

Acteurs :
Totò … Antonio Cocozza
Aldo Fabrizi … Giuseppe D’Amore
Christine Kaufmann … Gabriella Cocozza
Geronimo Meynier … Carlo D’Amore
Luigi Pavese … La Sarta
Carlo Pisacane … grand-père

Synopsis: Carlo et Gabriella décident de se marier. Ils se sont réunis  malgré l’incompatibilité entre les deux pères, l’un boulanger et l’autre fonctionnaire. Pour hâter leur mariage, ils font semblant d’attendre un bébé. Mais le jour du mariage, les habits des deux pères sont intervertis. Après une énième dispute ils décident d’aller à l’église pour retirer leur consentement au mariage, mais ils arrivent en retard face à des jeunes déjà mariés.

Note: 8 /10

Malgré des farces parfois assez lourdes/enfantines et une réalisation moyenne, on apprécie ce divertissement et cette confrontation entre ces deux monuments du cinéma italien que sont Totò et Aldo Fabrizi. A noter que le grand-père est interprété par l’acteur qui jouait Capannelle dans Le Pigeon (I soliti ignoti) de Monicelli.

Au fait d’après les coutumes et tradition culturelle italienne qui doit payer le repas de noce ? le père de la mariée (Toto) ou le père du marié?? Une réponse qui vaut plusieurs milliers de lire. :D

Le duel – Totò, Fabrizi e i giovani d’oggi

Capitalism a love story

Capitalism : a love story (2009) IMDb, Allocine

VF: Capitalisme : Une histoire d’amour

Synopsis: Le documentariste Michael Moore examine, comme il l’a fait il y a vingt ans avec Roger and Me, l’impact qu’ont les politiques économiques des grosses entreprises américaines sur les simples travailleurs. Liant certains hauts dirigeants d’entreprise au pouvoir en place, il aborde le plan de relance de l’économie qui a coûté plusieurs milliards aux contribuables américains. À travers l’exemple d’entreprises coopératives, de familles expropriées ou celui de travailleurs de Chicago qui ont occupé leur usine afin d’être payés, Moore révèle que l’amour que les Américains ont toujours porté à leur système économique s’est effrité.

note: 7 /10

wikipedia.fr

Le film alterne entre une critique farouche du statu quo et la satire sociale et comique. Ça commence  avec une série de séquences de vidéo surveillance montrant des vols de banque (un des voleurs était même sur béquille). Une archive vidéo de l’Encyclopædia Britannica est montre afin de comparer les temps modernes en Amérique et l’Empire romain. Le film montre alors des vidéos de familles expulsées de leurs maisons, ainsi que le Condo Vulture (‘Vautours Immo’), un agent immobilier en Floride dont l’entreprise a prospéré grâce au nombre croissant de saisies immobilières.

Le film oppose la réalité économique actuelle en Amérique avec le discours du président américain Franklin Delano Roosevelt, appelant à un projet de loi garantissant à tous les Américains « un travail utile, un logement décent, des soins de santé adéquats, et une bonne éducation ». Il cite des systèmes de cogestion où la démocratie a un rôle central, comme des modèles alternatifs au capitalisme.

Les croyances spirituelles du réalisateur en tant que catholique sont également abordées, puisque celui-ci se pose la question de savoir si Jésus serait un hedge fund ou un sell short. Il en conclut (il a développé plus en détail sa conclusion après la sortie du film) que « l’on ne peut pas être à la fois un capitaliste et un chrétien, parce qu’on ne peut pas en même temps aimer son argent et aimer son prochain ».

Je me suis réconcilié avec le réalisateur Michael Moore avec cette tragicomédie documentaire politico-financier engagé. Raison pour laquelle je ne l’avais pas visionne avant après ma déception sur son documentaire sur le 11/09 et sur Bush Junior. Une fois qu’on connait son parti pris et bien le dossier qu’il traite on voit mieux ses ficelles et on est moins ennuyé par son manque d’objectivité. Il part d’une opinion qu’il s’est fait et essaye avec témoignage et de l’humour de mettre le spectateur moyen de son cote. Par certains aspect de dramaturgie et d’humour, on peut presque parler de comédie a l’italienne. C’est plutôt nouveau avec ce cineaste qui faisait surtout dans le drame néoréaliste sérieux et larmoyant avec argumentation populiste. Ou ça reste américain, c’est qu’il ne se moque pas des prêtres américains qui ont le beau rôle pour ce cinéaste qui aspirait plus jeune a devenir curé.

Ça reste assez superficiel et ne permet pas de comprendre les subtilités d’un problème mais ça donne plusieurs éléments de bases et vise mieux l’américain moyen, sa cœur de cible comme toujours. Il se met aussi un peu moins en avant et sa biographie participe au propos du film. Ses interventions sont plus dans l’ironie comme le titre de son film. Bref c’est probablement a mon avis un de ses meilleurs films. Sans doute que ça passe mieux car je le catalogue plus comme journaliste mais un cinéaste américain engagé.

Simultanément a sa sortie en salle, on pouvait télécharger légalement ce film sur le réseau p2p.

Bande annonce Vo avec sous-titres francais