Alberto Express

Alberto Express (1990) IMDb

Réalisation et scenario : Arthur Joffé

Acteurs:
Sergio Castellitto … Alberto Capuano
Nino Manfredi … Le père de Alberto
Marie Trintignant … Clara
Michel Aumont … L’endetté
Jeanne Moreau … La barone
Dominique Pinon … Le conducteur du train

Synopsis: Alors que son épouse Juliette est sur le point d’accoucher, Alberto, un jeune Italien installé en France, se rappelle brusquement, au milieu de la nuit, qu’il a contracté une dette auprès de ses parents : la tradition familiale veut en effet que, la veille de la naissance de son premier enfant, le fils rembourse son père de tout l’argent dépensé pour lui depuis sa venue au monde, sous peine de courir un grand danger.

Note: 5 /10

Une comédie écrite et dirigé par un réalisateur français mais mettant en scenes plusieurs acteurs italiens. Les scènes avec Nino Manfredi sont très bonnes comme cette scène du début de cette aventure fantastique-cocasse. L’ensemble est original et moyen avec l’imaginaire que peut avoir un français de la culture italienne sans avoir d’origine italienne ou vécu en Italie.

Le titre peut donner l’impression d’une suite à la comedie italienne Café Express (1980) qui se passe également dans un train avec Nino Manfredi ou il vent des cafés et essaye de réunir assez d’argent pour payer l’operation chirurgicale à son jeune fils. C’est davantage un clin d’oeil ou un hommage à ce film qu’une suite.

Un des meilleurs extrait avec Nino Manfredi qui fait le compte de ce qu’il a dépensé pour son fils depuis bébé. En italien avec sous-titres anglais.

Il maestro di Vigevano

Il maestro di Vigevano (1963) IMDb, MYmovies.it

Réalisateur: Elio Petri

Scénaristes: Age et Scarpelli, Elio Petri

Acteurs:
Alberto Sordi … Antonio Mombelli
Claire Bloom … Ada

Synopsis: Le maitre d’école Antonio Mombelli enseigne dans une école de Vigevano. Sa vie se déroule entre la misère quotidienne et les demandes d’Ada, une épouse frustrée et mécontente du mode de vie modeste que lui offre son mari. Le seul ami d’Antonio est le maître Nanini, un perpétuel maitre suppléant. Le suicide de son ami et la rébellion de sa femme qui trouve du travail dans une fabrique de chaussures à son grand désarroi, bouleverse sa vie. Pour suivre les ambitions de Ada il quittera son emploi et avec sa prime de retraite il financera une fabrique de chaussures tenu par sa femme et son beau-frère. Mais Antonio n’est pas adapté à cette nouvelle activité. Finalement, il retournera a l’enseignement et Ada, qui maintenant  le trahi ouvertement, va mourir avec son amant dans un accident de voiture, le laissant désillusionné et seul pour élever son fils.

Note : 9 /10

Alberto peut grâce à ce personnage, issu d’un roman de Lucio Mastronardi, exprimer une large panoplie de son talent tant dans la comédie, le cocasse que dans le drame voir la tragédie. Un film intéressant au niveau historique et social de l’Italie qui montre avec le boum économique que le prestige de l’enseignant baisse au profit du commerçant qui s’enrichit. Le film est également divertissant pour le jeu époustouflant d’Alberto Sordi qui nous fait rire et nous émeut successivement. Les portraits psychologiques des principaux personnages sont assez étoffés et sonne juste. Un grand film de Elio Petri à découvrir ou revoir.

PS: J’ai ajouté deux extraits Youtube au lieu de l’unique habituel pour pallier aux vidéo plus disponible. Je suis désolé pour ces inconvénients éventuels mais je ne peux pas vérifier la disponibilité dans la durée de tous ces extraits vidéo.

Cari fottutissimi amici

Cari fottutissimi amici (1994) IMDb

Realisateur: Mario Monicelli

Scenaristes: Leonardo Benvenuti, Suso Cecchi d’Amico, Piero De Bernardi, Mario Monicelli et Rodolfo Angelico (histoire)

Acteurs: Paolo Villaggio … Dieci,  Massimo Ceccherini … Marlini

Synopsis : En août 1944, les Alliés viennent d’entrer à Florence. L’Italie est dévastée par la guerre, et la population est affamée.  Un ancien ex-boxeur réunit un quatuor de jeunes affamés dans le désarroi, pour présenter des matchs de boxe dans les festivals à travers la région  (Toscane) contre un peu d’argent ou de la nourriture donné par le public.

Note : 8 /10

Mario Monicelli a étudié l’histoire et la philosophie. Cette comédie combine ses deux aspects. Le sujet de la guerre, est toujours propice pour se poser des questions de fond sur l’humanité avec l’entraide et la survie. Le film démarre relativement lentement pour progressivement nous rendre attachant ces acteurs boxeurs. Acteurs du film oui mais aussi acteur boxeur car ils ne doivent pas porter vraiment leur coup puisque leur motivation est surtout alimentaire et de survie. Un seul de ces boxeurs amateurs se prend au jeu et le personnage de Paolo Villagio, ex-boxeur, n’arrête pas de le traiter d’imbécile. Ce boxeur met un point d’honneur a ne pas simuler la chute face a une rencontre avec une équipe de boxeurs américains grand et bien nourri. Et Paolo d’ironiser dans ce style

- Tu as peut-être sauver l’honneur de l’équipe italienne mais tu t’es fait massacrer. Regardes-toi!

Paolo Villaggio nous livre une très bonne performance d’acteur avec ce personnage malin et expérimenté très éloigné de son rôle habituel de crétin naïf dans la série Fantozzi. A noter la présence du duo de scénariste Leonardo Benvenuti (1923-2000) et Piero De Benardi (1926-2010) qui vient de nous quitter. Comme le duo Age et Scarpelli, ils ont participé à beaucoup de bonnes comédies italiennes.

Pane e cioccolata

Pane e cioccolata (1973) IMDb

VF : Pain et Chocolat

Réalisateur: Franco Brusati

Scénaristes: Franco Brusati, Jaja Fiastri (dialogue) et Nino Manfredi

Acteurs:  Nino Manfredi … Nino Garofalo
Johnny Dorelli … l’industriel italien
Anna Karina … Elena

Synopsis : Nino Garofalo a un travail correct en Suisse comme garçon de café avec un contrat à durée déterminée. Dénoncé après avoir été surpris à uriner en plein air, il perd son titre de séjour et est forcé de vivre dans la clandestinité. Il se fait héberger d’abord par Elena, une fille grecque, puis fait la connaissance d’un industriel italien réfugié en Suisse à cause de problèmes fiscaux. L’industriel s’occupe de lui mais, au bord de la faillite, il dépense ses dernières économies et se suicide. Il ne reste plus à Nino qu’à rejoindre un groupe de clandestins napolitains qui dorment dans un poulailler avec les poules qu’ils doivent tuer et plumer pour survivre. Émerveillé par la vision d’un groupe de jeunes suisses blonds et propres, il décide de se teindre les cheveux et de sortir de cet état abrutissant en se fondant au milieu d’eux. Arrivé dans un bar où l’on retransmet à la TV un match de football opposant la Suède à l’Italie, il se fait néanmoins remarquer par son patriotisme et est arrêté en tant que clandestin par la police qui lui ordonne de quitter le pays. Nino monte dans le train, mais une fois au milieu de compatriotes il change d’avis et descend : mieux vaut vivre comme immigré que de retourner chez soi et retrouver la misère.

Note:  9/10

Pain et chocolat raconte l’histoire d’un émigré italien en Suisse. La Suisse qui selon l’imagination des émigrés, est un pays riche et hospitalier, où il est possible de faire fortune car il y a du travail en abondance pour tout le monde. Mais la réalité est différente : les émigrés trouvent du travail mais il s’agit presque tout le temps de travail dur où la concurrence est rude parmi les différentes nationalités.

Plusieurs films italiens traitent de ce thème de l’émigration des italiens. Cette exode massif, surtout des italiens du sud pour des raisons économiques au debut du XXe et l’apres guerre, est  traité dans plusieurs comedies dont I Magliari (1959) pour l’Allemagne, Bello, onesto, emigrato Australia sposerebbe compaesana illibata (1971) pour l’Australie ou My name is Tanino (2002) pour les USA.

Connaissant cette expatriation massive du passé, c’est bizarre de voir autant d’étrangers  en Italie depuis les années 1990. Il y a entre 4 et 5 millions d’étrangers en Italie sans doute concentré dans les grandes villes comme Rome ou Milan. On les découvre également dans les comédies récentes avec des chinois, des africains ou des indiens qui parlent l’italien et sans doublage. Avec le niveau de chomage actuel en Italie et la densité de population, on peut comprendre les tensions et le ras le bol de plusieurs italiens avec cette immigration parfois illégale.

Pane e Cioccolata (1973): Ritorno in Italia

Mes vacances romaines

A Rome en décembre, j’ai passé une semaine  à :

  1. visiter les vieux monuments
  2. déguster la cuisine italienne et
  3. discuter en italien avec les romains de naissance ou d’adoption.

1. La Rome antique et le vieux Rome au centre de la ville m’a séduit avec son architecture, ses sculptures et peintures mais aussi ses jardins et diversité de l’aspect des arbres. Du vert en plein hiver avec des palmiers et des arbres que j’ai appelé arbre brocoli. Cette diversité d’arbres est magnifique mais assez surprenant avec en particulier ces palmiers, que je m’attend de voir plutot dans des pays plus tropicaux ou en bordure de plage qu’au centre d’une ville comme Rome.

2. J’ai apprécié la cuisine italienne entre les pizza, les pâtes, les supply (boulettes panés de riz  à la sauce tomate ou de pommes de terre avec mozzarelle fondu au centre pour les 2 sortes) et autres spécialités romaines le tout sans aller dans des restaurants onéreux. Idem pour i gelati que j’ai trouvé excellent la plupart du temps. J’ai été déçu par une gélateria a proximité de la fontaine Trevi indiqué par deux guides  touristiques de Rome (le guide vert Michelin et un guide anglophone). Le sorbet et la crème glacée était servi par un Philippin qui vous remerciait d’un « merci très beaucoup ». Le cadre plutôt luxueux vous indiquait avec les tarifs affichés que le prix au volume servit était onéreux, 3 euro pour une une petite coupe, sans rien apporter de supérieur au niveau d’une crème pas très onctueuse. D’une manière générale on mange très bien a Rome et pour une somme raisonnable par rapport a Paris. Les portions sont souvent généreuse comme au Canada. J’en ai profité pour acheter des cannolis siciliens remplis de ricotta (nature ou pistache), du torrone et du chocolat. Avec mon séjour parisien de 2 semaines ou j’ai acheté des Calissons d’Aix, j’ai grossis de presque 9 Kilo.

3-a. Avant de parler aux italiens, j’ai été surpris de voir en hiver autant de touristes japonnais en formation compact ou en file indienne. Durant ma semaine, il a plu 3 jours et a chaque fois il y avait a chaque station de métro un nuée d’indiens (Inde) qui vous propose un parapluie a 10, 5 ou 3 euro. Au départ on leur répond et après le 20e vendeur on essaye de les ignorer. J’ai acheté a un africain du Sénégal assez sympathique, une paire de lunettes de soleil de contrefaçon pour 5 euro, qu’il affirmait vendre a 20 euro normalement. N’achetez pas ces lunettes qui ne vous protègent pas toujours bien des rayons UV. Assez peu relativement d’arabes qui doivent préférer les pays francophones ou anglophones. Finalement, j’ai vu plusieurs philippins travaillaient dans des hôtels et magasins. Dans un train le dernier jour de mon séjour, je me suis fait insulté copieusement par une femme probablement d’origine philippine a son aspect. Il y a eu la colonisation militaire classique et j’ai le sentiment d’assister a une sorte de colonisation pacifique inverse par l’immigration légale ou illégale. C’était souvent cocasse de voir ces africains, ces indiens; ces philippins parlaient l’italien un peu comme si je voyais un film étranger doublé en italien.

3-b. A l’image de leur cinéma, il semble que l’Italie traverse une période difficile depuis 30 ans. Quand je suis arrivé, Berlusconi venait de se manger une statuette en plein face qui lui a cassé deux dents. J’étais content mais déçu d’entendre au journal télévisé qu’il restait assez haut dans les sondages. Dans un quartier chic et avec des policiers, des italiens distribuaient des tracts avec le drapeau italien. « Con Berlusconi ?!! MA UNO CALCIO IN CULO!! » a agité le militant sans que je perde mon self-control ni mon sourire un peu plus tard le voyant si agité. Sur la même rue un peu plus de loin et de l’autre cote d’un groupe de policier un autre militant plus âgé distribué des tracts pro-Berlusconi que je lui ai indiqué de manger. :mrgreen:

Les romains a l’image des parisiens sont assez tristes dans la rue et les commerçants pas toujours aimables avec les touristes qui posent « trop » de questions. Les chauffeurs de Bus vous répondent du bout des lèvres ou avec la main. Je vous licencierai tout ce petit monde pour leur apprendre le sens du service. Le trafic de voitures au centre de Rome est infernal et j’ai mis une fois 2 heures pour faire 7 km, soit la durée de mon vol Paris-Rome. Cependant je pense y retourner pour revoir de la famille, de nouvelles amitiés que j’ai fait à l’hôtel Villa Rosa et pour retrouver en été la plage d’Ostia.

Voila le résumé rapide de mon court séjour et malgré quelques désagréments avec entre autres le trafic très engorgé, la signalisation médiocre des transports en commun, la cohorte de touristes asiatiques avec ces vendeurs indiens et africains à chaque coin touristique … le bilan demeure très positif grâce à la beauté de la ville, l’attrait gastronomique et certains italien(e)s charmant(e)s.

Così parlò Bellavista

Così parlò Bellavista (1984) IMDb

Réal. Luciano De Crescenzo

Scenaristes : Luciano De Crescenzo et Riccardo Pazzaglia

Acteurs: Isa Danieli, Renato Scarpa, Luciano De Crescenzo, Marisa Confalone, Riccardo Pazzaglia

Synopsis :  Mr. Cazzaniga, milanais d’origine, est le nouveau directeur du personnel dell’AlfaSud dans un Naples où le chômage est à un niveau très élevé. À son arrivée, il rencontre le professeur de lettres Bellavista, propriétaire d’un appartement voisin.

Note:  . /10

Tout le film tourne autour des amis du profésseur Bellavista et montre de nombreux aspects de la vie napolitaine, de la joie de vivre à la Camorra, la mafia napolitaine.  On note le contraste entre les habitudes du Cazzaniga, qui est respectueux, ponctuel, précis, et un des  amis du professeur qui se demandent pourquoi Cazzaniga, bien que le directeur du personnel, veut aller au travail à l’heure. Nombreux stéréotypes du Napolitain, mais aussi des réflexions comme ce dialogue entre Bellavista et un mafieux venu raqueter.

Première réalisation de Luciano De Crescenzo qui transpose son best seller dans une comédie à la gloire de la Napoletanità.

« La doccia è milanese perché ci si lava meglio, consuma meno acqua e fa perdere meno tempo. Il bagno invece è napoletano: un appuntamento con la fantasia. »

La douche est milanaise parce qu’on se lave mieux, on consomme moins d’eau et ca fait perdre moins de temps. Le bain par contre est napolitain : un rendez-vous avec la fantaisie.  :D

Je n’ai pas vraiment accroché avec des longueurs et maladresses mais il a un côté documentaire ou témoignage d’une communauté napolitaine qui pourra interesser certains d’entre vous, raison pour laquelle j’en parle ici. En effet l’adaptation cinématographique n’est pas très réussi mais on trouve des passages interessants et amusants interprétés par des acteurs napolitains que j’ignorais avant de voir ce film.

Così parlò Bellavista – La camorra

Piccole Cose Di Valore Non Quantificabile

Piccole Cose Di Valore Non Quantificabile

(1999) IMDb

Réalisateurs & scénaristes : Paolo Genovese et Luca Miniero

Acteurs :
Giovanni Ferreri … le policier
Fabrizia Sacchi … Francesca Boitani

note : 9 / 10

Ce court-métrage de 10 min est une petite merveille d’humour  cocasse et de nostalgie avec la perte de ses rêves. Le réalisateur napolitain, Luca Miniero, que j’ai contacté sur Facebook a eu la gentillesse de m’autoriser a diffuser sur mon site la vidéo complète que j’ai trouvé sur youtube.

L’acteur italien qui interprète le policier, joue également dans Incantesimo Napoletano du même duo de réalisateur dont j’ai déjà parle sur ce site.

Plutôt qu’un long descriptif je préfère vous montrer le court-métrage au complet et en italien de Piccole Cose Di Valore Non Quantificabile

Matrimonio all’italiana

Matrimonio all’italiana (1964) IMDb
VF: Mariage à l’italienne

Réalisateur : Vittorio De Sica

Scénaristes: Renato Castellani, Tonino Guerra, Leonardo Benvenuti et Piero De Bernardi

Acteurs:
Sophia Loren … Filumena Marturano
Marcello Mastroianni … Domenico Soriano

Synopsis: Pendant la seconde guerre mondiale, Domenico Soriano, un commerçant appartenant à une famille napolitaine aisée, rencontre dans un bordel Filumena Marturano, une jeune femme d’origine modeste. Il en tombe amoureux et l’installe chez lui. Après vingt ans de concubinage, et bien qu’elle ait joué son rôle de femme et de domestique, Filumena n’a pas encore reçu une véritable proposition de mariage. Elle décide de faire croire à Domenico qu’elle est mourante. Il céde et l’épouse mais s’aperçoit bientôt qu’elle l’a dupé. Il tente alors de faire annuler le mariage.

Note: 8 /10

Voila un classique du cinéma italien assez connu en France avec ses deux interprètes, stars internationales, Sophia Loren & Marcello Mastroianni que je cite davantage pour être exhaustif que dans le but de le faire découvrir. Grande performance d’acteur et duo qu’on retrouvera plusieurs fois comme en 1977 dans Une journée particulière (Una Giornata Particolare) d’Ettore Scola.

Je vous indique le lien d’une critique française plus détaillée de Anne-Violaine Houcke paru en février 2009 pour l’édition DVD, dont voici un court extrait :

Mariage à l’italienne est un film amusant et sensible, qui évoque des questions humaines avec une grande justesse de ton. Le supplément du DVD, un duo des critiques Alain Garrel et Sabrina Piazzi, intitulé « Une vie, une époque … des circonstances » (26 mn) donne des pistes très éclairantes pour permettre au spectateur de la situer dans ses divers contextes : la filmographie antérieure de Vittorio De Sica, Sophia Loren et Marcello Mastroianni, la comédie à l’italienne, l’Italie des années 1960. Sans être un commentaire approfondi de l’œuvre, ce faux dialogue (en réalité, les deux critiques évoquent chacun leur tour des aspects du film) revient avec clarté sur les beautés et les insuffisances du film.

Oui une justesse du propos sous-jacent car le ton et le jeu des acteurs est parfois excessif  à la manière d’un mauvais mélodrame pour nous amuser.

Bande Annonce en VO.

Disponible en DVD en France comme le montre l’image ci-dessus.

Volere volare

Volere volare (1991) IMDb

VF: L’amour avec des gants

Réalisateur et scénariste : Guido Manuli et Maurizio Nichetti

Acteurs: Maurizio Nichetti … Maurizio ‘Sbaffino’
Angela Finocchiaro … Martina

Synopsis: Maurizio est un homme farfelu qui exerce la profession de bruiteur de dessins animés. Martina est une femme romantique qui aspire à un amour différent. Elle est assistante sociale d’un genre très particulier : elle fait vivre à ses « clients » leurs désirs refoulés. Maurizio et Martina se rencontrent par hasard. Maurizio tombe tout de suite amoureux. Il est très troublé. Au cours d’un dîner en tête à tête, une de ses mains se transforme en dessin animé. Une lente métamorphose commence, il se mue peu à peu en personnage de cartoon. Il fuit et s’enferme chez lui. Marina, d’abord furieuse, est séduite. A-t-elle trouvé enfin un homme différent de tous les autres?

note:  5 /10

Volare, cantare … non je ne vais pas vous  chanter ou parler d’une chanson italienne mais d’un film comique réalisé et interprété par Maurizio Nichetti.

Suite a une demande d’un titre d’une comédie-fantaisie italienne et la réponse d’un autre lecteur JODIDO que je remercie au passage j’ai rédigé ce court article n’ayant pas de souvenir de cette comedie fantaisiste à part le visionnement de la bande annonce ci-dessous et un court extrait ou Martina allongée nue se fait verser un coulis de chocolat par un vieux cuisiner. Je vous dis tout de suite que ce n’est pas le genre de la maison mais bon je vais faire une exception. ;)

Maurizio Nichetti est une sorte Mr.Bean italien avec moustache à la Mario qui a commencé sa carrière dans le film publicitaire. Nous sommes dans le comique pour enfant ou grand enfant. A réservé aux fans de fantaisie, d’originalité et d’humour 3e  ou 4e degré.

Mise à jour 21 janvier :
De bonnes idées mais je me suis ennuyé vers la fin. Maurizio Nichetti est un acteur  assez moyen. L’actrice Angela Finocchiaro donne davantage d’intérêt à ce film.

Io La conoscevo bene

Io La conoscevo bene (1965) IMDb
VF:  Je la connaissais bien

Réalisateur Antonio Pietrangeli

Scénaristes: Ruggero Maccari, Antonio Pietrangeli et Ettore Scola

Acteurs :
Stefania Sandrelli … Adriana Astarelli
Mario Adorf … Emilio Ricci
Jean-Claude Brialy … Dario Marchionni
Nino Manfredi … Cianfanna
Enrico Maria Salerno … Roberto
Ugo Tognazzi … Gigi Baggini

Synopsis : Adriana , fille d’une petite ville qui veut faire son chemin dans l’Empire romain du spectacle et la société, n’hésite pas à user de son charme et de son corps. Sa quête l’amènera à rencontrer beaucoup de gens qui representent plus ou moins les fortunés de ce monde. La mesquinerie constante et une humiliation la conduira au suicide final.

Note: 8 /10

Si le synopsis donne un ton dramatique clair au film, le récit est parsemé de petites scènes de comédies pures comme l’extrait vidéo que je vous montre. Ugo Tognazzi a d’ailleurs reçu un prix d’interprétation pour sa performance d’acteur et sans doute de danseur de claquette. ;) C’est surtout ces scènes qui m’ont plu même si la peinture psychologique de Adriana est juste et fine. Ça reste le schéma classique de la villageoise qui va dans la grande ville pour réussir socialement mais ne s’accommode pas complètement de son nouveau environnement ni de ses origines « paysannes ». Mario Adorf interprete un boxeur au coeur tendre et plutôt naif. A noter que le réalisateur avait prévu initialement son projet avec Sandra Milo en 1961 pour le réécrire pour la jeune et belle actrice montante,  Stefania Sandrelli.

Sur le web, je n’ai pas trouvé de critiques en français  sur ce film. Plutôt surprenant pour un film qui à reçu des récompenses et considéré comme un des meilleurs films de Antonio Pietrangeli. Cette lacune francophone est partiellement comblée avec mon très court article.

Io La conoscevo bene – extrait VO avec Ugo Tognazzi et Nino Manfredi

Disponible en DVD (en Italie)

I tre ladri

I tre ladri (1954) IMDb

Réalisateur : Lionello De Felice

Scénariste : Franco Brusati (dialogue) Umberto Notari (nouvelle)

Acteurs : Totò … Tapioca
Jean-Claude Pascal … Gastone Cascarilla
Simone Simon … Doris Ornano
Gino Bramieri … Edmondo Ornano
Memmo Carotenuto … Battista le majordome de M.Ornano
Mario Castellani … l’avocat de M.Ornano

Synopsis: Tapioca, petit voleur modeste, est impliqué dans un cambriolage effectué par Gaston, son élève. il se retrouve en prison à sa place et avec une soudaine popularité, il mene une vie de grand seigneur.

note : 6 /10

Une comédie avec l’acteur Totò est souvent une réussite. Celle-ci n’est pas une de ses meilleurs il a fait beaucoup mieux, comme aimerait l’écrire Alessandro, mon ami italien. Exact mais il y a une dérision de la justice à la fin du film qui mérite largement le visionnement. Tapioca (toto) est un voleur pauvre qui dérobe des poules. Gastone séduit les épouses et vole les maris riches. Quand au  3e, Ornano est un industriel respectable qui « vole » des investisseurs. On imagine qu’il a mis en place une sorte d’arnaque pyramidal ou chaîne de Ponzi et privé des nouveaux  fonds, tout s’écroule.

Traitement de faveur pour le prisonnier Tapioca

L’argent est utile également en prison ou Tapioca, soupçonné d’avoir dérobé 10 Millions est bien traité par Ormano qui espère une confidence pour récupérer son argent. C’est assez naif au niveau humain et en même temps critique de la société qui punit par ex un vol alimentaire pour une personne motivée par la faim.

On y retrouve dans un rôle d’avocat, le vieux complice de Toto, Mario Castillani qui sera remplacé plus tard par Peppino pour notre plus grand plaisir.

Parmi les 7 comédies qu’interprete Toto en  1954, celle-ci n’est pas la meilleure, indécis entre la satire et la farce et freinée par les propres ambitions de l’intrigue.  Beaucoup de problèmes avec la censure de l’époque.

Disponible en DVD.

Crimen

Crimen (1960) IMDb

VF: Chacun son alibi

Réalisateur : Mario Camerini

scénariste : Rodolfo Sonego

Acteurs:
Alberto Sordi … Alberto Franzetti
Vittorio Gassman … Remo
Silvana Mangano … Marina
Nino Manfredi … Quirino
Franca Valeri … Giovanna
Bernard Blier … Commissaire de police
Sylva Koscina … Carolina

Synopis: Sur le train direct pour Nice se trouve un jour : Alberto, qui se rend à Monaco pour rejoindre son épouse en vacances, Remo et Marina, attirés par le mirage de l’argent facile au Casino, Quirino et Joanna, vont à Monaco pour restituer a sa riche propriétaire un chien perdu à Rome. Mais la découverte de la vieille dame, qui est décédé dans des circonstances mystérieuses, implique l’un après l’autre, les cinq personnages pour l’accusation d’assassinat. Remo et Marina sont découverts avec le cadavre de l’assasin dans leur valise. Quirino et Joanna ne saurait valablement justifier certaines de leurs actions. Albert est si fasciné par les accusations, qu’il finit par s’accuser du crime. Les mensonges, la réticence, les accusations mutuelles et les preuves recueillies par la police française les auraient rendus coupables si la perspicacité du commissaire en charge de l’enquête n’avait pas démêler l’écheveau de façon inattendue. En rentrant dans leur patrie totalement réhabilité, il se produit un nouveau crime dans le train pour Rome. Ayant retenue la leçon en France, ils aident spontanément la police italienne qui trouvant ce comportement suspect les envois en prison pour 5 jours. :mrgreen:

Note: 9 /10

Avec ces 3 accusés là et le synopsis ai je besoin de vous dire que c’est une comédie policière à voir d’urgence ? :D Outre la performance de ces fameux acteurs, nous avons une comparaison intéressante des comportements et  mentalités italiennes et françaises de cette époque. Le réalisateur n’est pas fameux mais on l’oublie avec la performance des acteurs et le plaisir de les retrouver à jouer ensemble ! De plus dans la VO, les acteurs italiens prononcent certaines phrases en français avec un charmant mais assez prononcé accent italien.

Franca Valeri forme un des deux couple italiens avec Nino Manfredi le plus comique. Et Gassman se retrouve avec la magnifique mais dominante Silvana Mangano pour notre plus grand plaisir et amusement. A noter qu’il existe un DVD italien du film.

L’Italia di Alberto Sordi

L Italia di Alberto SordiAujourd’hui je vous parle exceptionnellement d’un livre italien sur le cinéma italien écrit par un jeune critique vénitien Alessandro Ticozzi. Je l’ai « rencontré » sur Facebook et une amitié immédiate s’est noué autour de notre passion commune de la comédie italienne et de ses célebres acteurs comme Alberto Sordi, Totò, Nino Manfredi, Vittorio Gassman ou Ugo Tognazzi. Il est assez intarissable et il m’écrivait de longs texte sur le chat de Facebook. Nous échangions en italien nos impressions sur les films, acteurs et réalisateurs italiens. Nous avons des avis assez souvent semblables. Il a sans doute vu autant de comédies italiennes que moi mais pas toujours les mêmes et à nous deux nous sommes une véritable encyclopedie vivante de la comédie italienne au cinéma. De plus il a eu la chance d’interviewer Mario Monicelli, le fils de Ugo Tognazzi, l’épouse de Nino Manfredi, Franca Valeri et d’autres acteurs, scénaristes et réalisateurs italiens.

Est ce que je vais rester impartial dans ma critique de son ouvrage ? Vous avez raison de vous posez la question. Non probablement pas d’autant plus qu’il y a eu dans le passé en Italie des critiques assez négatives de ces comédies appelées péjorativement commedia all’italiana. Une expression que j’évite personnellement d’utiliser et qui irritait à l’époque Dino Risi. Un retour d’estime s’est produit dans la critique italienne avec entre autres choses le succès a l’étranger. Reste que sur les forums italiens de cinéma que j’ai fréquenté,  les jeunes italiens ne connaissent pas toujours tres bien la comédie italienne de l’age d’or (1950-1980) et sans parler des italiens expatriés ou d’origine italienne à l’étranger. Bref son livre participe à faire découvrir ces trésors parfois oubliés et souvent cachés par les blockbusters US traduit en italien en Italie. Il devrait recevoir une subvention de l’institut culturel italien et être traduit en français et en anglais pour l’international.

Son optique dans ce livre est celle d’étudier l’histoire de l’Italie à travers la riche filmographie d’Alberto Sordi. Ce projet a sans doute germé avec la série TV présentée par Alberto Sordi, Storia di un italiano (1980) que cite Alessandro. Ce livre au format de poche n’a malheureusement pas de photos. En contre partie son prix est très raisonnable (15 euro).  Il est édité aux éditions Fermenti que je remercie avec Alessandro pour me l’avoir gracieusement offert.

Comme ancien lycéen français, ma connaissance initiale de l’histoire de l’Italie était assez réduite. Je l’ai complété  justement à travers ces comédies et mes recherches personnelles sur l’internet. Ce n’est pas le principal intérêt de la comédie italienne mais ça fait partie du tableau et cette approche demeure très intéressante. Je sens à travers cette approche et le style d’écriture une volonté de réhabiliter la comédie italienne que je partage tout en opérant un peu différemment sur ce site.

Dans sa filmographie partielle de Sordi p.110 avec 40 films cités sur un total de 150 il manque certaines bonnes comédies avec Sordi comme Lo Scociatore, Bravissimo, Guardia, guardia scelta, brigadiere e maresciallo, Il Vedovo, Venezia la luna e tu, Il moralista, Crimen,  Il disco volante, I complessi, Riusciranno i nostri eroi a ritrovare l’amico misteriosamente scomparso in Africa?, La più bella serata della mia vita, I nuovi mostri ! Certaines sont évoqués dans le livre comme I nuovi mostri et d’autre non. Vous pouvez oublier toutes les comédies réalisés par Sordi lui-même excepté Polvere di stelle qui est cité avec sans doute Finché c’è guerra c’è speranza (1974). Il tassinaro a un interet documentaire avec la presence de Fellini et Andreotti, l’ex-président italien « mafieux » du conseil des ministres dont j’ai parlé avec Il Divo, film que cite également Alessandro. Je parlerai des bonnes comédies avec Sordi qu’il a oublié, pas vu ou qui n’était pas pertinente avec son approche historique. Vu son jeune âge,  25 ans, nous pouvons lui pardonner ces oublies  ou lacunes et lui souhaiter d’être plus complet pour ses prochains ouvrages. J’y veillerai faites-moi confiance. ;)

Alors si vous voulez impressionner votre auditoire sur la comédie italienne avec des références historiques et cinématographiques italiennes ou avoir un rapide tour d’horizon de la filmographie de Sordi (avec quelques lacunes ennuyantes pour un fan de Sordi comme je le suis), ce livre est incontournable. Pour appronfondir davantage le sujet, chaque citation a une note avec les toutes les références nécessaires et vous trouverez une riche bibliographie italienne (18 ouvrages) sur le cinema italien, la commedia all’italiana et Alberto Sordi.

Et continuez de consulter ce site pour visionner des  extraits vidéo (en VO) pour notre plaisir personnel que ne peut offrir un livre.

Ex

ex-filmEx (2009) IMDb

Réalisateur : Fausto Brizzi

Scénaristes : Fausto Brizzi, Massimiliano Bruno et Marco Martani

Acteurs :
Claudio Bisio … Sergio
Silvio Orlando … Luca
Enrico Montesano … Antonio
Fabio De Luigi … Paolo
Alessandro Gassman … Davide
Gianmarco Tognazzi … Corrado
Nancy Brilli … Caterina
Vincenzo Salemme … Filippo

Synopsis : 6 couples se déclarent l’amour pour toujours mais qu’en est il dans la réalité et surtout dans la durée ?

Note: 6 /10

C’est une assez bonne comédie romantique qui aurait gagné à être un peu plus courte que 2h pour conserver un meilleur rythme. Une des 6 histoires d’amour se déroule avec un français et nous avons des scenes en français sous-titré dans la version originale VO en italien. C’est un produit commercial bien calibré, qui utilise l’humour sans tombé dans la vulgarité ou  dans les poncifs tout en visant un large public. Bref une comédie avec une belle panoplie d’acteurs italiens qu’on peut recommander et que je viens d’ajouter dans mon Top 250 en bas de liste. A noter la présence de Alessandro Gassman et Gianmarco Tognazzi qui interprètent bien leur personnage et font honneur à leur père acteur. J’ai découvert un bon acteur comique Fabio De Luigi qui interprète Paolo le nouvel ami  d’une Ex de Davide (Alessandro Gassman) qui le persécute pour qu’il lui la laisse.

Étrange que le nom de Montesano, ne figure pas à l’affiche ni au générique même s’il a un rôle relativement modeste comme peintre et ami du prête. C’est classé par ordre alphabétique car si Nancy Brilli brille par son aspect de sex symbol italienne 8) elle l’est moins comme actrice comique. Ma liste d’acteur est classé davantage par la performance d’acteur.

Bande annonce VO de Ex et site officiel www.exilfilm.it

J’irai dormir à Hollywood

J'irai dormir à HollywoodJ’irai dormir à Hollywood (2008) Allociné

Synopsis: il s’appelle Antoine de Maximy et a décidé de conquérir les Etats-Unis : ses routes à pertes de vue, ses paysages grandioses, ses mythes en cinémascope, ses villes immenses, ses communautés, ses stars hollywoodiennes, ses anonymes.  D’Est en Ouest, notre voyageur filmeur prend la route. A pied, en stop, en taxi, en bus, à vélo et même en corbillard ! New York, Miami, Nouvelle-Orléans, Las Vegas. En ligne de mire : Hollywood, où il espère se faire inviter chez une star pour la nuit ! Au hasard du chemin, il va croiser des hommes et des femmes, chacun révèlera sans fausse pudeur, une part de lui-même. Tous ces portraits dessinent un visage aussi touchant que surprenant des Etats-Unis.

Un documentaire étonnant filmé par un aventurier courageux,  reporter souriant et narateur. Il filme surtout l’amérique « profonde » et qui souffre plutôt. Point de star dont les maisons restent closes et bien protégés des geneurs. A Hollywood, il dormira sur une plage de sable à la belle étoile avec un pré-retraité qui doit attendre encore 6 ans pour toucher sa pleine retraite. Il rencontre aussi dans le train un vétéran du Vietname âgé de 50 ans qui se rend en prison pour port illégal d’arme (un revolver dans sa voiture). Malgré plusieurs dizaines de milliers de dollars en frais d’avocat, il a écopé de 15 ans de prison ferme : sortie à 64 ans. C’est un documentaire plutôt déprimant malgré le sourire de l’auteur et qui tranche avec l’image traditionnelle véhiculée par les média et le cinéma américain.

le site officiel du film

A propos de documentaire, je vous signale en passant la 12e édition des RIDM (Rencontres Internationales du Documentaire de Montréal) du 11 au 22 novembre 2009 à Montréal.